mercredi 29 août 2012

Fo(i)rage pétrolier


Un rappel des faits est-il nécessaire ? 1. Le pétrole est une ressource épuisable 2. Le Moyen-Orient,  première région productrice, est en proie à une instabilité politique chronique 3. L'Inde et la Chine, avec leurs taux de croissance à x chiffres, font exploser la demande. Accrochez-vous bien, c'est un scoop : la hausse du prix de l'essence s'inscrit dans une dynamique globale et rien ne laisse présager une baisse du cours du baril. François Hollande est au courant. Mais il a un problème. Il a fait une promesse, séduisante : élu, il bloquera le prix de l'essence. Calcul électoraliste, dites vous ? Qu'importe, François le français devait agir, en dépit des lois de l'économie et d'un état de fait géopolitique. Quelques TGV plus tard (et, au passage, l'ouverture d'une gigantesque brèche marketing pour les magasins Leclerc) le gouvernement réunit la filière, concocte une mesure et annonce, en la personne de Pierre Moscovici, une baisse "substantielle" mais provisoire, jusqu'à 6 centimes d'euros par litre. En Allemagne, les éditorialistes sont bouche bée. Synthèse des commentaires Outre-Rhin sur un foirage politique annoncé:
  • La mesure est cosmétique, donc inutile : la baisse du prix à la pompe atteignant dans le meilleur des cas les 6 centimes/litre, demeure insignifiante pour le portefeuille des ménages. Limitée à trois mois, l'action du gouvernement ne soulage en rien le "pouvoir d'achat des français", la hausse programmée des cours du brut ne permettant pas au sparadrap hollandais de tenir sur la durée.
  • La mesure est injuste : portée pour moitié par l'Etat qui renonce à 300 millions d'euros de recettes fiscales elle ne profite pas à ceux qui se déplacent en transports en commun.
  • Il s'agit surtout d'un signal politique désastreux à l'heure où le réchauffement climatique et l'épuisement des énergies fossiles exigent un changement de paradigme énergétique, et des décideurs courageux.
Bloß nicht jammern (ll ne sert à rien de geindre), nous console la SZ. En posant la seule bonne question: le vrai « changement » ne consisterait-il pas à utiliser « maintenant » la manne fiscale des carburants pour investir dans des énergies alternatives ? D'impulser le développement de nouveaux concepts de mobilité, plutôt que de s'évertuer en cadeaux fiscaux inefficaces ? Vu d'Allemagne, François Hollande est victime de ses propres promesses, et vient de se tirer une balle dans le pied.

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